Article paru dans le Lema n°112
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Théorie et résultats
L'institut de la statistique européenne Eurostat vient de publier en février 2007, les données concernant la création de richesse par région européenne. Le PIB par habitant variait en 2004 de 34% de la moyenne européenne pour la région nord-est de Roumanie à 303% pour celle d'Inner London. Concernant les données des États français et espagnol, Les Communauté autonomes d'Euskadi et de la Navarre avec respectivement 125,4% et 126,7% de cette moyenne sont nettement au-dessus du niveau moyen espagnol, alors qu'en deux décennies, ces régions ont bénéficié d'un niveau plus faible de Fonds structurels européens. Euskadi a dû surmonter une terrible crise industrielle avec le handicap du terrorisme qui dissuadait l'implantation d'entreprises extérieures.
Le travail en commun des pouvoirs publics locaux et de la société civile sont à l'origine de cette réussite. C'est le résultat d'une réelle politique de proximité entre un pouvoir local en réelle capacité de concertation avec des syndicats puissants, des entrepreneurs dynamiques pour décider au plus près des intérêts de ce territoire.
Malgré ces difficultés, ces deux régions ont un niveau de création de richesse supérieure à toutes les régions françaises y compris Rhone Alpes. L'Aquitaine est situé à 102,1% et Midi-Pyrénées à 100,2%. Seules les régions capitales réalisent une meilleure performance, l'Ile de France avec 174,5%, Madrid avec 132,1% et Inner-London 302,9%. Cela s'explique en grande partie par l'implantation des sièges sociaux des grandes entreprises dans ses capitales.
Dans la compétition territoriale, les régions françaises sont en perte de vitesse alors que d’autres Régions européennes comme Hamburg (Allemagne), Berkshire (Royaume-Uni), Oberbayern (Allemagne), Utrech (Pays-bas), Southern & Eastern (Irlande) Bremen (Allemagne) dépassent largement les Régions françaises. La France devrait tirer les conséquences de cette situation et donner un réel pouvoir aux régions françaises pour gérer sa propre gouvernance économique, sociale et l’administration de ses institutions. Prôner le centralisme revient à défendre une mauvaise vision du passé, celle du conservatisme, celle de l'attachement à un passé inadapté au monde contemporain.
Par son centralisme, La France défend un égalitarisme théorique qui profite en réalité, en priorité à la région parisienne et aux privilégiés proches du pouvoir. En 2007, la France est un pays profondément inégalitaire. Seule la régionalisation donnera aux territoires la capacité d'impulser leur propre développement tout en maintenant au pouvoir central sa fonction de solidarité.
Jean Pierre Ithurbide




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